Évaluer et compenser la réduction d’autonomie et le handicap : des pratiques d’une institution fédérale belge au vécu subjectif des personnes concernées.

Ce projet de thèse de doctorat en socio-anthropologie s’intègre à l’action de recherche concertée (ARC) interdisciplinaire AutonomiCap et constitue l’un de ses deux volets empiriques.

Il comprend deux « terrains » de recherche imbriqués, qui correspondent à deux angles d’attaques :

  • Explorer, dans le cadre d’une stage d’immersion d’une année au sein de la Direction Générale des Personnes Handicapées (DG HAN, parfois encore appelée Vierge Noire), les pratiques d’évaluation du handicap et de l’autonomie et la manière dont sont attribuées certaines allocations. L’évaluation et l’attribution de l’Allocation d’Intégration (AI) fait l’objet d’une attention particulière puisque qu’elle a vocation à financer des équipements spécifiques ou des frais supplémentaires relatifs à la réduction d’autonomie afin d’encourager l’intégration et l’épanouissement des personnes en situation de handicap.

  • Questionner l’implication de ces pratiques d’évaluation et d’intervention pour les sujets concernés et l’exercice de leurs droits. Il s’agira ici de rencontrer des personnes reconnues administrativement comme handicapées et bénéficiaires de l’Allocation d’Intégration afin de retracer la manière dont s’est déroulé leur parcours de reconnaissance administrative au sein de la DG HAN mais aussi au sein des autres structures fédérales, régionales ou locales qui peuvent leur apporter un soutien. Cela permettra également de mieux connaitre les besoins particuliers que ces personnes rencontrent dans leur vie quotidienne et de comprendre comment elles appréhendent subjectivement leur handicap, leur autonomie mais aussi leur intégration, leur épanouissement et leurs droits.

 Ce travail emploie les méthodes classiques de l’anthropologie et de la sociologie : l’immersion, l’observation-participante, les entretiens et l’analyse des instruments de l’action publique. Il privilégie la proximité avec les professionnel.les et les usager.es de la DG HAN qui seront, dans la mesure du possible, associés au processus de recherche. Grace à l’équipe du projet AutonomiCap, elle articule différentes approches disciplinaires et favorise une approche comparative avec la thèse de Sophie De Spiegeleir portant sur la libération à l’essai des délinquants interné.es. Une attention particulière est également accordée aux rapports qu’entretiennent les institutions et les personnes avec la Convention Internationale des Personnes Handicapées signée par la Belgique le 30 mars 2007 et ratifiée le 2 juillet 2009, point de départ de la thèse de Louis Triaille. 

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